CENTENAIRE DU PARTI SOCIALISTE
AU PLAN NATIONAL le mouvement socialiste français s’organise lentement au XIXè siècle. Il est marqué par les Révolutions de 1789 et de 1848, par l’influence des philosophes des Lumières et par l’action des mouvements sociaux issus de la classe ouvrière. L’écrasement de la Commune porte un coup terrible au mouvement.
En 1879, Jules GUESDE crée le premier Parti Socialiste Français. D’autres se créent autour de BROUSSE et de VAILLANT. En 1885, les trois partis forment un seul groupe parlementaire. Sous l’impulsion de JAURES, un premier regroupement ne laisse que deux partis : parti socialiste français (Jaurès) favorable à une démarche réformiste et parti socialiste de France (Guesde) plus proche du marxisme.
Au congrès de l’internationale socialiste à Amsterdam en 1904, une motion engage les socialistes français à réaliser l’union.
Du 23 au 26 avril 1905, salle du Globe à Paris, les deux partis fusionnent pour former le Parti Socialiste – Section Française de l’Internationale Ouvrière, rattaché à la IIème Internationale. La SFIO est née et adopte sa Déclaration de principes.
EN HAUTE-SAVOIE, la doctrine socialiste arrive par Genève où les socialistes français côtoient des socialistes de tous pays et notamment les socialistes révolutionnaires italiens qui ont une très forte colonie à Genève. Ils se regroupent autour du journal ‘Le Peuple de Genève’. Un professeur d’économie politique, Edgar MILHAUD, anime des Groupes d’études sociales avec conférences et débats dans les localités savoyardes.
L’autre ‘source’ semble être le parachutage de candidats ouvriers venus de la région parisienne et du Nord, parfois originaires du département. En 1898, des candidats du Parti Ouvrier Français (POF) se présentent aux législatives à Annecy, Thonon et St Julien. En 1902, A. Lavillat (conseiller prud’homme à Paris) est candidat à Annecy, Viviand (ouvrier à Lille) à Bonneville et Tillieu (ouvrier lillois) à Thonon. Des « cercles ouvriers » répandent aussi la doctrine socialiste.
En 1901, le 14 avril, se tient un Congrès de la Fédération Socialiste des Travailleurs de Savoie.
En 1902, une affiche à en-tête de La Fédération des Travailleurs de la Savoie et signée ‘Les groupes socialistes d’Annecy’ appelle à manifester contre la tenue d’une réunion du nationaliste Cavaignac.
La même année, le 2 février, le Congrès de la Fédération socialiste des Travailleurs de la Savoie se tient à Annemasse, en présence de 150 militants dont ceux du Cercle socialiste savoisien de Paris, des groupes d’études sociales d’Annecy, d’Annemasse, de Gaillard, de Taninges, de Sallanches, de Thonon et le groupe de la jeunesse socialiste d’Annecy. Le siège est à Chambéry.
En 1905, Edgar MILHAUD est secrétaire de la Fédération autonome des Travailleurs des deux Savoies, dont le siège est à Genève. Chaque arrondissement a son organisation regroupant les sections locales.
« Je n’ai pas trouvé trace dans les archives de la Haute-Savoie d’un congrès unitaire des socialistes en 1905. Peut-être s’est-il déroulé à Genève ? »
Le 7 janvier 1906, les socialistes de l’arrondissement d’Annecy tiennent leur congrès, prélude au congrès de la Fédération.
Le dimanche 14 janvier 1906 se réunit le Congrès socialiste à Chambéry, précédé d’une fête syndicale le samedi après-midi. Le tout est organisé par la Fédération autonome des Travailleurs des deux Savoies. En application du congrès de Chalons, il est décidé de présenter des candidats socialistes dans toutes les circonscriptions en 1906. Le siège est maintenu à Genève.
En Haute-Savoie E. Argence est candidat à Bonneville, J. Caillard à Annecy, E. Magnat à St Julien. Tous trois travaillent et habitent à Genève. A Annecy G. Paffe est un ouvrier stéphanois. Argence est connu pour organiser des conférences en Savoie, Haute-Savoie et Ain. Il est également intervenu aux obsèques des ouvriers tués à Cluses en 1904 et lors de l’inauguration du monument à leur mémoire le 18 juillet 1905.
En 1908, la fédération se dote d’un hebdomadaire : ‘Le Travailleur savoyard’.
Pour autant, l’unité ne s’est pas réalisée facilement. Dans les années suivantes, aux législatives, des socialistes ‘indépendants’ se présentent face aux socialistes ‘unifiés’.
Aujourd’hui encore, pour les socialistes, l’unité est un combat difficile.
Jean EXCOFFIER
Premier secrétaire fédéral
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