La sentence, qu’on avait quand même vue arriver, est tombée. En forme d’humiliation, en plus, avec 7 voix sur 95 ! Que leur a-t-il donc manqué, à ces J.O., au-delà de 41 voix influentes absentes ? Il leur a d’abord manqué la transparence financière, la transparence démocratique, la transparence environnementale. Cela fait beaucoup pour un seul projet, quand même.
Au lendemain de cet avortement, qu’on le regrette ou qu’on en soit soulagé (et les socialistes de Haute-Savoie sont dans les deux camps) demeurent questions et interrogations. Celles qui auraient du présider à l’initiative au lieu d’avoir à lui succéder.
D’abord des interrogations en forme de leçons : pourquoi les décideurs, quels qu’ils soient, pensent-ils toujours tout savoir et ne s’appuient-ils pas plus souvent sur les experts thématiques d’une part, sur la population d’autre part ? Les uns sont à dessein convoqués pour renseigner les décideurs sur les dossiers dont ils ont la charge et qu’ils maîtrisent donc forcément un peu ; les autres sont les experts de leur propre vie et ont en cela leur mot à dire. Pourquoi les décideurs ne prennent-ils pas le temps de ces consultations ? Les temps, politique et démocratique, sont-ils à ce point déconnectés voire incompatibles ? Un projet d’envergure peut-il se réaliser sans l’adhésion de la population, ou avec une adhésion factice démentie jour après jour ?
Viennent ensuite les interrogations relatives au volontarisme politique. En vantant la candidature aux JO, on a fait miroiter aux haut-savoyards le désenclavement ferroviaire de leur département : grâce aux Jeux, les lignes SNCF seraient enfin doublées ! Si c’est une nécessité, pour le développement économique et touristique, pour favoriser enfin le transport par rail plutôt que le « tout voiture » et donc dans une perspective environnementale, que ne s’y attèle donc pas, avec ou sans Jeux ! Le projet de JO enfui, les besoins en infrastructures restent. La Haute-Savoie va-t-elle enfin se donner les moyens de son développement ferroviaire ?
Il y a enfin les interrogations politiciennes, qu’on ose à peine formuler : et si cette candidature ratée n’était qu’un piège fomenté au sein même de la droite haut savoyarde pour décrédibiliser un des siens, pour parfaire l’OPA entreprise depuis quelques années par l’UMP dans ce département qui à ses yeux lui a trop longtemps échappé ? Laissons alors ces piètres acteurs à leurs petits jeux, c’est le cas de le dire !
Attachons-nous plutôt à rendre hommage à la sagesse et la loyauté des élus et candidats socialistes qui, bien que divisés sur ce dossier, ont su être solidaires et respecter, en pleine campagne des cantonales la consigne qu’ils s’étaient donnée de se positionner selon leur propre conviction à la condition de ne pas mettre en difficulté leurs camarades, élus ou candidats, porteurs d’un avis différent. Cette loyauté sans faille a pu coûter cher à certains de nos candidats, attaqués qu’ils ont été par des concurrents qui ont pratiqué allègrement l’amalgame. Qu’elle trouve ici sa reconnaissance. La loyauté mutuelle reste de mise. le triomphe modeste des uns aura pour contrepartie le respect des autres : là est le sens donné par tous au socialisme et à la fraternité.
Claire DONZEL,
Première Secrétaire fédérale.
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