C’était quand même bien pratique et assez plaisant pour la droite et pour une certaine presse à sa botte de faire croire que les socialistes n’ont pas d’idées, pas de projet. Évidemment, quand un gouvernement échoue à résorber le chômage (que sa politique de défiscalisation des heures supplémentaires entretient), à combler la dette qu’il a creusée lui-même par sa calamiteuse réduction de la contribution des plus riches à la vie collective, on préfère faire croire que ceux qui feront autrement, les socialistes, ne sauront pas faire.
Évidemment, quand la droite, par les propos toujours plus inacceptables de certains de ses ministres, fabrique jour après jour de la haine, du rejet, de la division, du désespoir, de la peur, il vaut mieux taire aux français qu’une société de fraternité est possible. Une société où l’égalité et la justice sont les objectifs premiers grâce au droit retrouvé à l’éducation, la culture, la santé, la sécurité professionnelle et quotidienne. Une société où le vivre ensemble passe par le volontarisme d’une politique de la ville, une politique des territoires. C’est la société que veulent les socialistes, qu’ils promettent de mettre en œuvre.
Quand on est en charge du pays depuis 9 ans et que le nombre de travailleurs pauvres ne cesse d’augmenter, que l’écart se creuse de façon vertigineuse entre le revenu des plus riches et celui des plus pauvres, il est sûr que l’on n’a pas trop envie d’apprendre que les socialistes, eux, donneront un coup d’arrêt à cette injustice indigne d’un pays républicain et démocratique en légiférant et en instaurant une fiscalité où le capital contribuera enfin pour sa juste part à l’effort national.
Voilà donc la droite habillée pour l’hiver avec la parution du projet socialiste en débat.
Et puis, il y a ceux dont le programme est toujours « anti » quelque chose. Ils ont sans nul doute raison de chercher à éveiller les consciences sur l’avenir de la planète, sur les problèmes de santé publique que l’industrie agro-alimentaire nous prépare. Mais la maturité politique et le gouvernement d’un pays exigent une vue transversale des choses. Le projet socialiste s’y adonne en balayant l’ensemble des questions économiques, sociales, fiscales, philosophiques de notre société. Les socialistes ne laisseront pas morceler pour le critiquer leur programme. C’est désormais, projet contre projet : un ensemble global, pour une société globale. Sur les questions environnementales comme sur les questions économiques, sociales et sociétales. La démocratie partielle, axée sur un point fixe, aussi juste soit-il, ne constitue ni un avenir, ni une société.
Les uns ne pourront plus faire croire que les socialistes n’ont pas de projet ; d’autres devront désormais s’en fabriquer un, un vrai, porté par un candidat au-dessus de tout soupçon. La victoire commune est à ce prix.
Claire DONZEL,
Première Secrétaire fédérale.
Organisation 















