Accueil
Le PS 74 : Des Commissions Fédérales Départementales qui travaillent pour vous !
Comptes rendus, Réunions à venir, Entretiens...
Le travail des femmes : ses enjeux. Le retour au travail : ses obstacles janvier 2004
Commission fédérale « femmes »
Annecy – 20 janvier 2004

« Le travail des femmes : ses enjeux.
Le retour au travail : ses obstacles »
Par le CIFF

 
Présentation du CIFF

Association créée en 1977 à la suite des Etats Généraux de la Femme en 1970, le constat avait été fait que les femmes avaient beaucoup plus de difficultés que les hommes à trouver des informations, des aides. D'où l'idée de créer une structure qui réunirait tout ce qui pourrait intéresser les femmes: c'est le premier centre à Lille au début des années 1970. Paris suit puis tous les départements. Au début, ce sont uniquement des « centres d'information féminins » puis certains centres rajoutent « familial » à leurs prérogatives. En Haute-Savoie c'est un CIFF. Leur mission fondamentale : informer par un intermédiaire humain. C'est une information gratuite, neutre (apolitique, areligieuse, sans leçon de morale) et anonyme. Les informations sont globales et recoupent les domaines juridiques, fiscaux, du droit de la famille, de la vie pratique, de la vie professionnelle et familiale, de la formation et de la recherche d'emploi. Les professionnel-le-s formé-e-s à l'écoute décodent les demandes des femmes et agissent en équipe. L'équipe comprend des juristes, des psychologues et une documentaliste. L'accompagnement peut durer longtemps. Le Ciff agit aussi dans le secteur professionnel : il y a quelques années, par exemple, à la suite d'un partenariat avec l'ANPE,  la SIBRA a commencé à recruter des femmes chauffeurs de bus. Les autres services concernent la médiation familiale depuis 1997, le soutien psychologique.
 
N. évoque son travail :

Elle rappelle que les inégalités entre les hommes et les femmes prennent très tôt racine dans la vie. Un rappel de quelques chiffres est nécessaire : 48,3% des actifs sont des femmes (45% en Rhône-Alpes). 48% de ces femmes sont des employées, 8% seulement des cadres. 48,6% des chômeurs sont des femmes mais 51% des chômeurs longue durée sont des femmes. 60% des femmes se concentrent dans 6 Catégories socioprofessionnelles seulement. L'éducation des enfants est très différenciée.

Le petit garçon
Connaît plus de métiers variés dès le plus jeune âge
Il est contraint d'aller jouer dehors ce qui développe son goût pour l'aventure
Il a le droit de se battre ce qui développe sa pugnacité
Il est valorisé dans ses activités technologiques

La petite fille
Veut exercer des métiers "de femme" sans originalité
Doit écouter, partager, aider, servir les autres ce qui développe le sens du sacrifice
Doit être modeste, ne pas se mettre en valeur
Elle a des jouets ménagers, familiaux
Tout le monde se construit avec cet héritage et cela se ressent dans les filières de formation où la mixité s'améliore mais reste imparfaite. La charge de la famille lui incombant, la femme ne s'investit pas dans sa carrière. Ses arrêts de travail pour maternité et l’éducation d'enfants la ralentissent encore et son retour au travail est souvent problématique. En effet, faire garder un enfant est souvent plus cher et moins commode que d'arrêter de travailler. C'est aussi pour cela que le retour se fait à temps partiel. La famille est, elle aussi, source de discrimination puisque la mère est considérée comme peu fiable puisque s'occupant des enfants alors que le père est valorisé, puisque il est responsable de sa famille. Sous ces prétextes, on ne retrouve pas les femmes dans des postes à responsabilité et elles sont moins bien payées que les hommes. C'est le plafond de verre qui bride leur carrière.
Tout est question de territoire. Ainsi la femme au foyer est valorisée par la tenue de sa maison. Mais beaucoup de femmes veulent investir le territoire extérieur, professionnel. Par contre, les hommes ont beaucoup de mal à échanger les territoires et sont sur la défensive.
On retombe sur le problème de la globalité: les freins sont culturels, psychologiques (culpabilité), ce sont des peurs (de ne pas assurer, d'affronter les hommes).
Les seules femmes qui travaillent dans des CSP d'hommes sont soit des battantes soit des filles nées dans ce milieu (entrepreneuses filles de maçon…).

Le rôle du CIFF est de valoriser la femme, d'étudier avec elle toutes les données du problème (y compris le rôle du père, l'articulation des temps). C'est après que vient le problème de la formation.
Le rôle du CIFF est "d'ouvrir les champs du possible".
 
 Débat :

C. déplore de rencontrer en tant que puéricultrice de PMI, des jeunes assistantes- maternelles de 25 ans sans aucun niveau scolaire. Esther lui répond que la région s'en occupe, dans les "formations pour la vie".
D. renchérit sur le fait que le chômage est cependant inversement proportionnel au niveau des diplômes. E. répond qu'on a toujours la possibilité de rebondir.
C. pense qu'il faut donner à la femme d'autres valeurs que celle du rôle de mère.
L. demande comment accompagner une femme qui revient dans une entreprise  après une période d'arrêt. Esther répond que ça n'est pas précisément le rôle du CIFF mais celui des pouvoirs publics (ANPE, CAF…) ? qui proposent un accompagnement pendant l'arrêt pour une recherche d'emploi puis un tuteur lors de la reprise qui aide l'employé et l'employeur.
Danielle fait remarquer que les chefs cuisiniers ou les grands couturiers sont pratiquement tous des hommes. Catherine répond que c'est la construction de la hiérarchie.
Salah signale qu'une association des conjoints travailleurs (ACTIF 74) existe et soutient les conjointe collaboratrice privée de droits alors qu'elles travaillent à plein temps.
Esther donne le nombre de personnes reçues l'année dernière (2003) : plus de 3900 personnes. Elles sont été orientées vers les associations compétentes. Le CIFF est donc un relais.
Gilbert demande s'il y a des relations avec les syndicats. Esther les considère comme des partenaires sociaux mais dans le quotidien les assistantes sociales sont plus sollicitées.

A. pose la question du financement du CIFF. Les fonds proviennent de l'Etat par le biais du droit des femmes, de la justice et de la DDASS, des collectivités territoriales, d'actions ponctuelles (ANPE, CAF, Union Européenne). 12 salariés et des bénévoles formés (compétents, professionnels) forment une équipe dont la formation et la garde des enfants sont financées par le CIFF.
D. insiste pour que les choses soient inscrites dans leur dimension politique : panser les plaies est certes nécessaire mais peut-on s’y résoudre sans agir sur ce qui les a créé ? Quand le constat est posé des inégalités subies par les femmes et surtout de leurs causes, il faut s’attaquer à ces causes. C’est la différence entre l’associatif, en quelque sorte curatif, et la politique, qui se veut préventive. Par exemple, elle fait remarquer que la gestion du temps est un choix politique : refus du salaire maternel, développement des crèches et diminution du travail pour tous dans la perspective d’un rééquilibrage des responsabilités familiales au sein du couple…, même si on constate  que l'allègement du temps de travail profite plus aux hommes qui ont augmenté leurs loisirs alors que les femmes  se consacrent à la famille et la maison.
 
Chantal et Aurélie
 
Site Internet du CIFF : http://www.ardemi.fr/uraciff
 
 
Prochaine réunion de la commission fédérale aux droits des femmes :

L'ACTUALITE