Accueil
Le PS 74 : Des Commissions Fédérales Départementales qui travaillent pour vous !
Comptes rendus, Réunions à venir, Entretiens...
Compte-rendu de la COMMISSION NATIONALE du 5 juin 2004
Compte-rendu de la commission nationale du 5 juin 2004


le mécontentement des femmes socialistes enfle !


1. Le bilan des régionales.
La loi paritaire du 6 juin 2000 a permis de faire passer le taux d’élues régionales de 25% à 47,6%. Mais en l’absence de coercition légale, la composition, paritaire ou non,  des exécutifs relève de la volonté politique : l’analyse des régionales fait ressortir une corrélation entre une volonté paritaire manifestée lors des investitures  (têtes de liste départementales féminines) et la parité dans les exécutifs régionaux. C’est ainsi que la Bretagne, le Poitou-Charentes, Midi-Pyrénées et la Picardie ont un exécutif paritaire quand les femmes sont moins de 25% dans l’exécutif de la Bourgogne et la Basse-Normandie.
Il serait intéressant, au delà de la composition des exécutifs, d’étudier celle des cabinets de présidents de régions : il y a fort à parier qu’hormis le rôle de secrétariat traditionnellement dévolu aux femmes et peut-être celui de chef de cabinet (gestion de l’agenda de l’élu), les postes politiques ont été majoritairement voire exclusivement attribués à de jeunes hommes (alors que de nombreuses jeunes femmes sont aussi issues des différents IEP).

2. Les européennes
En ce qui concerne les investitures de têtes de liste pour les européennes, nous ne pouvons pas être fières du PS, à égalité dans son sexisme avec le F.N. avec une seule femme tête de liste sur les 8 grandes circonscriptions, quand l’extrême-gauche en présente 5, l’UMP et  les verts 4, et le PC et l’UDF 3 !

3. Analyse et constat
La parité instituée pour les municipales (47% d’élues dans les communes de plus de 3500 hab.) n’a pas encore porté ses fruits. Il va falloir étudier attentivement l’évolution de la pratique politique, à commencer par celle de notre propre parti, car il y aurait beaucoup à dire sur la préparation des régionales comme des européennes ! Les barrages ont été nombreux et sources de bien des découragements.
On ne peut que constater que la parité politique n’est plus une priorité au PS et il faut aux femmes socialistes réengager une lutte qu’elles pouvaient croire acquise. Il semble bien que « nos petits camarades masculins » ont plus obéi à Lionel JOSPIN 1er secrétaire puis 1er ministre qu’il n’ont souscrit et adhéré à l’idée paritaire : on constate partout dans le parti, et à commencer par son instance nationale, une régression dans les actes et dans les têtes, qui se manifeste par exemple par une déshinibition des propos machistes ou antiparitaires. Le pire est sans doute à venir : déjà se profilent des propos du genre « à combien va être la parité ? » ! le principe des « circonscriptions réservées » est d’ores et déjà ça et là remis en cause.
La parité au sein du PS est malmenée simultanément par le jeunisme et la préservation des territoires : les femmes gênent le passage des « mâles trentenaires » en même temps qu’elles menacent l’assise des « mâles sexagénaires ». A vrai dire, c’est la cumul des mandats et fonctions qui est en arrière plan : les femmes en ont une idée « malsaine » puisqu’elle le remettent vigoureusement en cause.
Il faut donc, à chaque niveau du parti, envisager de  rentrer à nouveau dans le rapport de forces mais aussi rappeler à nos camarades masculins qu’élection après élection, ils doivent leur réussite et leurs places au vote des femmes : c’est vrai pour les dernières régionales comme cela aurait pu l’être en 2002 (si seuls les hommes avaient voté, Le Pen aurait eté en tête ; si seuls les femmes avaient voté, Jospin aurait été en tête, ne l’oublions pas ! ).
Quant aux élues elles-mêmes, on peut les classer en 4 catégories : il y a les féministes, celles qui sont conscientes qu’elles doivent pour partie leur place à la parité, celles qui pensent ne la devoir qu’à leur talent, et celles qui la doivent au pouvoir féodal local. Il est clair que les militantes socialistes doivent chercher à s’appuyer sur les deux premières catégories et promouvoir pour l’avenir des femmes qui s’en rapprochent.

4. Conclusions : de la vigilance et des actions « femmes »
Le constat est dur mais donne l’occasion aux militantes socialistes d’une détermination renouvelée. La commission nationale « droits des femmes » décide de consacrer ½ journée de travail de « La Rochelle » aux femmes, avec conférence de presse, et de créer des « rencontres d’automne » des femmes.
Il faut également, à l’heure où va prochainement être votée une loi anti-homophobie, exiger la préparation d’une loi anti-sexisme. Il faut enfin saisir l’occasion des sénatoriales pour apporter la touche finale de notre détermination.


Compte-rendu réalisé par Claire DONZEL,
secrétaire fédérale aux droits des femmes
L'ACTUALITE