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Les hommes et les femmes face au pouvoir octobre 2004
Compte-rendu de la commission fédérale
« droits des femmes » du 7 octobre 2004 (Evian) :
« Les hommes et les femmes face au pouvoir »
I L’actualité politique en tour de table
1.L’actualité politique
Ce qui retient l’attention des militant-e-s présent-e-s a trait au brouillage de l’image de la gauche. Cela concerne le parcours délibérément solitaire d’un dissident socialiste aux sénatoriales : il faudra en tirer les conséquence pour les municipales et cantonales prochaines et se montrer prudents avant de solliciter des personnes insuffisamment marquées à gauche. Cela suppose pour les militants socialistes engagés, et notamment les femmes, d’oser se présenter !
Plus largement le brouillage naît aussi des luttes intestines du PS et surtout de leur étalage dans la presse : quoi de mieux pour faire fondre au plus vite les succès électoraux du printemps ? Certes, il ne faut pas craindre le débat, preuve de la vivacité du PS, cependant on peut déplorer l’étalage des ego et ambitions.
2.« Nous, femmes et socialistes »
La secrétaire fédérale donne lecture de la réaction d’un secrétaire de section à son dernier article dans « Présence socialiste » et sollicite l’avis des présent-e-s. Après une lecture collective, les participants ne trouvent pas ce qui donne corps à cette critique, et ce de façon unanime. Là où « on » a voulu trouver apologie de l’alcoolisme, il y avait à voir défense de la responsabilité. Serait-ce l’hypothèse de rendre obligatoire le partage des tâches au sein du couple qui a suscité telle ire ? En tout état de cause, la secrétaire fédérale, dans sa réponse, proposera aux militant-e-s de la section concernée de participer à une de leur prochaine réunion pour faire une lecture commentée de ses chroniques, celle-ci ou d’autres.
3. Le 8 mars 2005
La commission fédérale a décidé de faire du 8 mars une journée où les femmes socialistes montreront leur présence à la population. Est prévue la diffusion d’un tract sur la mise en cause de la santé des femmes par le gouvernement Raffarin. Un groupe de travail se réunira prochainement à cette fin, Marie-Hélène et Claire D. recueillant d’ici là la documentation nécessaire.
II le thème du jour : Les hommes et les femmes face au pouvoir
La question tourne autour d’une éventuelle approche spécifiquement féminine du pouvoir, de la légitimité des femmes à l’exercer, que ce soit dans la sphère professionnelle ou la sphère politique.
La prise de conscience et l’engagement : une question d’éducation
Tout d’abord, si l’engagement naît de la possibilité de s’opposer, on peut constater qu’est moins laissé aux fillettes le droit au désaccord.
On constate par ailleurs une démobilisation générale des jeunes, hommes et femmes confondus : comment espérer un engagement associatif, syndical ou politique quand 4% seulement des jeunes couples s’investissent en tant que parents d’élèves, ce qui représente pourtant l’engagement de proximité le plus évident ? L’associatif regorge de bonnes volontés mais de façon sélective : pas celui du bénévolat et de l’engagement. Il faut pour toucher la population être créatifs : le contact individuel donne encore quelques résultats et met en évidence que l’indifférence n’est pas définitive. La tendance à consommer la politique naît du sentiment de son impuissance et nécessite une réponse qui interpelle les personnes sur leur propre dévouement à la vie collective et qui fasse appel aux valeurs qu’elles portent. Mais l’argument se heurte à des réalités imparables quand des personnalités frisent le passage en justice mais continuent à exercer de hautes responsabilités.
S’engager : un choix limité entre « pot de fleurs » et sacrifice
L’organisation familiale des tâches implique que l’engagement représente encore pour la femme la 2ème voire la 3ème journée de travail. Si son couple ne pratique pas un partage idéal des tâches, la femme engagée est amenée à sacrifier sa famille, et avec quelle culpabilité ! la candidate ou l’élue se doit d’être disponible. Certes il ne s’agit pas de taire cette réalité aux candidates potentielles mais l’idéal serait peut-être d’envisager la politique autrement : hommes et femmes gagneraient à ce que l’engagement ne soit pas sacrificiel.
Certes ; la parité a fait avancer la place des femmes en politique, mais on remarque que les femmes, et celles de droite notamment, ont tendance à se contenter d’une place de pot de fleurs : ça ne présente pas trop de risques pour les notables en place !
Les femmes : une approche différente du pouvoir ?
On constate souvent que si une femme prend des responsabilités, ce n’est, en tout cas pas au début, pour imposer son point de vue, dominer, manipuler. Peut-être est-ce l’exercice du pouvoir qui en donne le goût ? il est difficile, en situation influente, de résister à la tentation de l’autoritarisme. Pourtant, résister à l’usure du pouvoir relève d’une volonté socialiste tout autant que féministe d’envisager la pratique politique. Si peut exister une flatterie de l’ego à occuper le devant la scène, elle atteint aussi bien les femmes que les hommes. En revanche les premières ont plus de difficulté à se l’avouer. C’est le travail en équipe, à la condition d’être en totale confiance, qui permet de prendre en compte les limites et redresser la barre si nécessaire.
Et si le prix à payer pour l’objet politique apparaissait démesuré au regard du désir que les femmes lui portent ?
Les femmes doivent se convaincre que si elles ne s’imposent pas, la place, elles ne l’auront pas. La question est de savoir si elles la veulent vraiment. On peut supposer que, telle qu’elle se présente, la politique leur semble trop coûteuse. A ce point de la réflexion, ce n’est plus tant les sacrifices exigibles qui sont en cause que l’objet lui-même : une pratique insatisfaisante de la politique. Si cela se résume à convoiter puis occuper des postes, les femmes n’y sont pas prêtes, moins enclines au compromis. Elles estiment avoir besoin de l’aide des autres, de ressentir la solidarité. Elles éprouvent quelque réticence quand il s’agit de dominer l’autre. Est-ce caractéristique féminine ? La politique s’inscrit-elle obligatoirement dans une logique de vainqueur / vaincu ? Celles et ceux qui tentent une autre approche en sont-ils éjectés ? Dès lors la place est exclusivement occupée par ceux qui en acceptent le jeu ou n’en perçoivent pas la duplicité.
Compte-rendu rédigé par Chantal GAZEAU et Claire DONZEL