La soirée, en ces jours qui précèdent Noël prend un tour particulier : les femmes socialistes et sympathisant-e-s partagent les ingrédients qu’elles/ils ont apportés (cadeaux et plats divers) et veulent faire honneur à la naissance de Jean-Pierre, fils de Virginie. Dès lors, c’est dans le cadre du tour de table que se déroule la réunion, autour des champs d’action des un-e-s et des autres.
Danièle évoque sa participation au CIAS (Action sociale de l’agglomération annécienne), décrivant le fonctionnement de cette instance et ses enjeux. Mais elle regrette le manque de solidarité et de concertation entre militant-e-s et élu-e-s socialistes : chacun-e sait les autres socialistes sans que ne s’élabore un travail en commun en vue d’une unicité des prises de position. Il en résulte pour elle un sentiment de malaise, comme si les choses étaient concoctées entre élu-e-s, sans consultation des autres membres.
Nicole, pour représenter le PS au comité des « sans papiers », fait un constat similaire : elle regrette le peu d’investissement du PS sur la question de l’immigration, qui paraît pourtant recouvrir des enjeux fondamentaux pour l’avenir, y compris l’avenir proche.
Salah est amené par son exercice professionnel de taxi à rencontrer la population dans sa diversité. Lui apparaît que les dirigeants socialistes sont ressentis comme distants, même si la prudence s’impose pour une généralisation à partir de témoignages.
N’empêche ! Trois militant-e-s oeuvrant dans trois directions différentes se rejoignent pour alerter le PS sur ses failles. | | Claire D. évoque la création du Conseil des femmes de Rhône-Alpes, instance de réflexion et d’échanges, ouverte aux adhérent-e-s et sympathisant-e-s de la gauche gouvernementale, pour envisager les questions politiques et sociétales selon la lecture du genre. Cet angle lui paraît devoir, actuellement, transcender toutes ses autres appartenances (géographique, associatives, de motion …) tant les conquêtes des droits des femmes apparaissent remises en question, y compris par les militants politiques de gauche : les désignations aux législatives et la constitution des listes régionales et européennes ne « passent » toujours pas ! les femmes socialistes doivent faire le constat que leur parti a préféré se voir sanctionné dans l’attribution des subventions publiques plutôt que respecter la loi qu’il a lui-même initiée en terme de parité ; les « camarades » masculins ont tendance à faire d’une pierre trois coups lors des constitutions de listes en sacrifiant les militantes socialistes et en offrant les places féminines aux partis partenaires : avec une place offerte ils assurent la parité, le partenariat … et sauvent leur propre place. Bien joué ! Cela, pour la sphère politique. Mais la sphère sociétale met en évidence bien d’autres attaques envers les femmes : les mesures gouvernementales concernant les retraites, les pensions de réversion, les allocations de garde d’enfants … ; les violences faites aux femmes (mariages forcés, violences conjugales …) ; la recrudescence d’un certain ordre moral et religieux, dont les femmes n’ont qu’à redouter les coups en matière de liberté sexuelle et familiale ; etc … Un certain découragement pourrait gagner les militantes féministes devant la permanence toujours renouvelée des luttes à mener : quand donc les femmes seront-elles enfin des êtres humains comme les autres ?
Le débat porte sur la place de la base et de son expression. Claire C. Convient qu’un parti politique se doit d’être au terrain mais elle s’agace cependant de la tendance de certain-e-s à sur en dimensionner la portée et surtout, en corollaire, à dévaloriser conceptualisation ou idéologie. Toute action de terrain, pour être valable, a besoin de s’ancrer sur une théorie et une capacité à l’analyser, ne serait-ce que pour sa propagation. Dès lors, il faut regretter la mise en opposition, stérile, entre « terrain » et théorie. Une complémentarité est au contraire à instaurer, développer et respecter, coûte que coûte. C’est même notre richesse en interne que d’avoir des militants de terrain ET des créateurs d’idées. En externe, si le manque de présence au terrain peut certes nous être reproché, se pose une fois de plus la question de la fonction d’une commission « femmes » du PS.
Simonne aura le mot de la fin pour dire qu’en tout état de cause, l’atout majeur de notre commission est la vérité de la parole qui s’y dit, le « je » plutôt que les phrases toutes faites, lues, entendues, glanées ici ou là et par là empreintes de subjectivité, voire de partialité.
Par ailleurs, depuis quelques 8 ans qu’elle se réunit, la commission fédérale « femmes » s’efforce de quadriller le département en variant les lieux de réunion, histoire d’aller à la rencontre des différentes sections. Force est de constater que ce choix s’essouffle : ce jour, sont venu-e-s à Annemasse 4 militant-e-s de Cluses et 7 d’Annecy (les fidèles thononaises s’étant excusées), et aucune annemassien-ne, hormis Raymonde ! On peut se réjouir de voir se constituer un noyau assidu mais cela peut (doit ?) remettre en cause le principe de la décentralisation de la commission. A suivre !
Enfin, les femmes doivent se souvenir que la loi Veil, qui leur a apporté la libre gestion de leur fécondité, a 30 ans : une manifestation se déroulera à Paris le samedi 14 janvier (avec une commission nationale « femmes » du PS). D’ores et déjà plusieurs d’entre nous ont décidé de s’y rendre : Chantal (04 50 45 52 42) s’occupe des billets SNCF et Claire D. (04 50 23 44 73 / 06 77 16 11 06) de l’hébergement. Les joindre si vous souhaitez faire partie de l’expédition !
Que 2005 soit pour chacun-e une année de paix et de ferveur militante ! |